En débarquant à Canberra, il y a maintenant plus de 5 ans de cela, une de mes bonnes résolutions avait été d'éditer une liste de ces petits détails qui sautent aux yeux de l'immigrant mais qui disparaissent bien vite dans l'habitude et l'assimilation. Le lancement de mes premiers cours le mois suivant et surtout, presque simultanément l'arrivée dans ma vie d'une petite princesse en devenir m'ont alors suffisamment occupés pour que je mette ce projet entre parenthèses.

De retour en France, ces petites différences se ravivent, parfois dans l'amusement, parfois dans l'irritation : l'on est plus critique de son propre pays quand ses défauts sont exacerbés par l'exemple d'un pays dispensé de ceux la (même s'il en a d'autres). Je vais donc essayer de rattraper la première opportunité en profitant de mon retour sur Paris (ai-je déjà mentionné que mon CV est disponible ?).
Notez que l'ordre d'énumération est totalement aléatoire ...

Première observation. En France, pour signaler que les usagers automobilistes d'une route ne peuvent traverser la chaussée ni dans un sens, ni dans l'autre, une unique ligne blanche (ou jaune) est tracée au milieu de la chaussée pour séparer les deux voies. Cette ligne représentant un mur infranchissable, il semblerait étonnant qu'une voiture puisse jouer au passe muraille dans un sens, mais pas dans l'autre. En Australie, l'on trace dans ces circonstances systématiquement deux lignes blanches parallèles. Il est hors de question de traverser ces lignes, ni d'un coté, ni de l'autre. Pas d'incertitude. Si cela peut sembler quelque peu excessif (voir source de gaspillage), La France semble cependant trop souvent pêcher dans l'excès inverse. Lors d'un WE en bourgogne la semaine dernière, j'étais étonné de l'absence (ou l'état d'effacement avancé) des marquage aux sols. Quand les routes australiennes disposent même de petits dispositifs réfléchissants ajoutés au marquage même (qui ont tendance à réveiller les passagers endormis lorsque l'on se décide à doubler), la route équivalente française va parfois tourner à angle droit sans prévenir...

Ce souci de l'indication précise est d'autant plus appréciable aux carrefours et la différence est extrême entre les deux capitales (Oui, Canberra est la capitale de l'Australie et non pas Sydney). D'abord, il faut savoir que la plupart des cas une intersection à Canberra est en T : Un axe principal et un axe secondaire qui se termine sur l'axe principal. Le code de la route local a même un chapitre spécial pour ce type d'intersection ou la priorité à droite passe après la règle à appliquer dans ce cadre de la jonction en T. Ensuite, quand il y a une intersection plus importante ...

  • a) Il s'agit d'une intersection en X (4 voies perpendiculaires).
  • b) La plupart du temps, il y a des feux rouges.
  • c) Les feux rouges sont disposés des deux cotés de l'intersection de manière à ce que les conducteurs en première ligne ne se paient pas un torticolis pour réussir à voir le feu passer au vert.
  • d) En l'absence de feux, la priorité est à droite, même si la conduite est à gauche (j'ai faillit oublier cette différence fondamentale), et si vous y pensez un peux, au niveau de la visibilité, c'est bien plus logique ...
  • e) De nombreux carrefours sont aménagés avec une voie pour tourner à gauche, même au rouge, après un stop.
  • f) Même sans cet aménagement, certain carrefours permettent l'option précédente, améliorant ainsi la fluidité du trafic. Ceci est concevable, encore une fois parce que le couple conduite à gauche/priorité à droite améliore la visibilité... Une amélioration en France serait de passer à la priorité à gauche
  • g) Pour revenir au point de départ, il est souvent tracé les lignes à suivre quand on tourne à droite (en coupant la voie venant en sens inverse) : jamais aucun risque de se demander si l'on doit passer devant ou derrière les voitures venant du coté opposé et voulant effectuer la manoeuvre similaire.
Prenons maintenant deux exemples représentatifs de la conduite Parisienne : le rond point de l'Arc de Triomphe, ou la porte de Bagnolet. Dans ces deux cas, il y a un nombre incroyable de voie d'arrivée de trafic (6 à 8 ?), absolument aucun marquage au sol, et la seule règle s'appliquant est : "Le premier qui s'engage à une chance de passer le premier", avec peut être une petite correction : "Une grosse voiture pleine de bosse a potentiellement une meilleur force de persuasion au jeux du 'c'est moi qui passerait d'abord'".

Et pour faire passer ce long descriptif, un petit schéma récapitulatif :
intersectionInOZ

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